poèmes choisis au coeur des arts

La musique souvent me prend comme une mer !
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile;

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile
J'escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D'un vaisseau qui souffre ;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Sur l'immense gouffre
Me bercent. D'autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

Les Fleurs du mal - Spleen et Idéal - Charles Baudelaire
 
       
 
     

 

 Au

 

 Arte poética

 
Entre tantos oficios ejerzo éste que no es mío,
como un amo implacable
me obliga a trabajar de día, de noche,
con dolor, con amor,
bajo la lluvia, en la catástrofe,
cuando se abren los brazos de la ternura o del alma,
cuando la enfermedad hunde las manos.

A este oficio me obligan los dolores ajenos,
las lágrimas, los pañuelos saludadores,
las promesas en medio del otoño o del fuego,
los besos del encuentro, los besos del adiós,
todo me obliga a trabajar con las palabras, con la sangre.

Nunca fui el dueño de mis cenizas, mis versos,
rostros oscuros los escriben como tirar contra la muerte.

 

Juan Gelman poète disparu le 14 janvier 2014

Au

 Allégorie du bonheur
 Marie Agnès Salehzada

 

 Me lever alors que tout est  assoupi dans la langueur d’une aurore endormie,

Seule à éveiller ma conscience à la gourmandise de l’aube,

Seule à mordre dans la fraîcheur du jour précoce

Seule à emprunter des voies désertées dans les méandres d’une ville assoupie

 

M’acheminer en un rendez-vous si petit matin

Me hâter vers le bonheur qui naît si inattendu, si improvisé

M’émerveiller dans le sourire de ta présence

 

Me retrouver dans la vague de ta douceur

Dans la jeunesse de ta venue

Dans le rire de ton bonheur

 

Et le temps n’a plus d’importance

Et le temps rit à gorge déployée

 

La fenêtre de la vie ne veut plus se refermer, elle a laissé entrer des nuées de papillons qui batifolent, qui folâtrent sur le ruban des jours

 

Elle court entraînant derrière elle un long voile sur lequel s’accrochent des étoiles

C’est Saturne, c’est Vénus, et ses anneaux et ses nymphes, et Botticelli qui fête les saisons

 

Les pollens s’essaiment des poches d’un tablier dans le mouvement irraisonné de cette échappée

Des elfes tentent de les rattraper mais les pollens sont mutins et dispersent leur vitalité en toute liberté

 

Le peintre dépose des touches de couleur de terre sur le ciel, de mer sur la colline, de coquelicots dans les arbres, les traits se fonts courbes et les vagues virgules

 

C’est Berthe Morisot et ses teintes lactescentes,

C’est Frédéric Bazille et ses jardins tranquilles,

C’est Auguste Renoir et ses visages sourire et les iris qui brillent et les blonds vénitiens

C’est Claude Monet un nymphéa posé qui dérive sous la brise, un pont japonais deviné sous la ramure,

C’est Mary Cassatt et ses aquatintes d’estampe,  la confidence à portée de main, des femmes se parlent sous la protection feutrée de l’abat-jour, l’enfant se réfugie contre la rondeur maternelle et s’agrippe dans l’étreinte.

 C’est l’impression posée dans le matin de juillet et le goût du bonheur qui a la transparence des minutes données et la joie qui colore les pinceaux de la vie avec un feu d’artifice de teintes mêlées.

 Marie-Agnès 19 07 2007Au

Au cœur des Arts     

     

Au cœur des Arts,

L’imaginaire, le verbe parfaire.

Au cœur des Arts,

Il y a le Beau, le savoir faire,

Inné, venu on n’sait comment,

Venu inconsciemment,

Pousser la main, la plume, le pinceau,

La voix, le rêve, toujours plus haut.

 

Au cœur des Arts, l’on s’y retrouve,

Contemplatifs, souvent passifs,

A entendre, recevoir, admiratifs,

Le génie créateur, le génie productif :

Celui d’un homme, celui d’une femme,

Qui, au delà du temps, emporté, plein de flamme,

Laisse filer son Imagination,

Jusqu’à refaire… La Création !

 

La création, la sienne, aussi belle,

Puissante comme celle, originelle,

Tellement poussée par tant d’inspiration,

Qu’elle arrive, éclatante, dans toute sa perfection.

 

Au cœur des Arts,

Il y a le cœur, il y a les Arts,

Il y a l’Amour, il y a le Beau,

Il y a une œuvre, comme un Cadeau !

Au cœur des Arts, il y a quelqu’un,

Qui deviendra Quelqu’un,

Si tous les autres partagent,

Ressentent, comme un puissant message,

Ce qui, venu du fond de lui,

N’est que le lien avec autrui.

 

Un lien, une connexion, un partage,

Révélation, et même davantage,

Qui saute aux yeux, réalité…,

Quand l’ artiste, en toute fébrilité,

Livre sa personnalité.

 

Fébrilité, d’abord, avant les heures de gloire,

Pas forcément obligatoires

Qui n’arrivent qu’aux plus grands,

A ceux  qui sans trop savoir comment…,

Dans l’Univers du Beau,

Conduisent au Firmament.

 

Au cœur des Arts,

Il y a chacun, Il y a les autres,

Il y a le lien entre nous et les Autres,

S’exprimant juste dans la vibration,

Au delà du langage, juste dans l’émotion.

 

Vecteur complice de sensibilité,

Le cœur des Arts est l’Universalité,

Unissant dans le Beau, le bien être, le Parfait,

 Les personnes les plus opposées,

Dans toutes leurs différences, leurs personnalités,

Dans leurs appartenances et les diversités.

 

Au cœur des Arts , il y a moi,

En ce moment précis

Où  devant l’ œuvre, recueilli,

Je reçois le message,

Venu dans le partage

Me parler de Toi :

Toi l’Artiste, qui,

Au travers de ta toile, de ton œuvre

Quelle qu’elle soit

A créé le Chef d’œuvre,

Qui n’attendait que Toi.

Que Toi pour faire passer

Dans le recueillement

Ce que d’autres s’épuisent  à tenter vainement.

 

Au cœur des Arts,

Je cherche ma voie,

Pour faire passer des émotions,

Partager les sensations

Exprimer les convictions !

Au cœur des Arts,

Nous cherchons l’Art,

Pour qu’il nous dise paisiblement

Qui nous sommes …,

Et…., ce que nous PARTAGEONS !  

 

  Alain Aquilina

Au 

DessinSourire

Voyage en Picardie.


L'attendant plein d'espoir, je le vis revenir
Légèrement guidé d’une baguette blanche ;
Et ce sourire et cette voix : le souvenir,
Souffle sur mon automne un bel air de revanche.

Comment ne pas songer à ces amours perdues :
S'enlacer, s’enivrer, le serrer dans mes bras ?
Pourquoi ces peurs aussi, lumières défendues…
De nous trouver soudain couvert des mêmes draps ?

 Côte à côte, échangeant nos désirs, nos idées,
Nous avançons joyeux, nous tenant par la main.
Au cœur du paysage embrumé des ondées,
Ce pas de non-voyant me semble plus humain.

C'est si doux de s'aimer pour être ainsi tous deux :
À fredonner ensemble, enivrés d’un parfum.

Moi j'ose lui conter la nature des yeux,
Lui me laisse rêver des bruits, des arômes,
Que je ne peux pas voir et qu'il saisit bien mieux.
Nous vivons de nouveau nos grands plaisirs de mômes.

Yves Philippe de Francqueville

Date de dernière mise à jour : 16/03/2014

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