Passeurs de poèmes : poéthèque printanière

atelier d'écriture

Ma cousine Danielle n'en peut plus d'attendre le printemps dans son  jardin  et nous invite à célébrer le Printemps des poètes avec ce beau poème

 

POR VEZES CADA OBJECTO SE ILUMINA
Por vezes cada objecto se ilumina 
do que no passar é pausa íntima 
entre sons minuciosos que inclinam 
a atenção para uma cavidade mínima 
E estar assim tão breve e tão profundo 
como no silêncio de uma planta 
é estar no fundo do tempo ou no seu ápice 
ou na alvura de um sono que nos dá 
a cintilante substância do sítio 
O mundo inteiro assim cabe num limbo 
e é como um eco límpido e uma folha de sombra 
que no vagar ondeia entre minúsculas luzes 
E é astro imediato de um lúcido sono 
fluvial e um núbil eclipse 
em que estar só é estar no íntimo do mundo
António Ramos Rosa, O Livro da Ignorância, Signo|Brumarte, Lisboa|Ponta Delgada, 1988.

 


PARFOIS CHAQUE OBJET S’ÉCLAIRE

Parfois chaque objet s’éclaire
d’une pause intime en son pur mouvement
parmi les sons minutieux qui détournent
l’attention vers une cavité minime
Être ainsi aussi bref et profond
que dans le silence d’une plante
c’est être au fond du temps ou à son sommet
ou dans la blancheur d’un sommeil
qui nous révèle la scintillante substance du lieu
Le monde tient ainsi dans un limbe
et c’est comme un écho limpide et une feuille d’ombre
qui erre en tremblant parmi d’infimes lumières
Il est l’astre immédiat d’un sommeil fluvial
et lucide une éclipse nubile
où être seul c’est être au plus intime du monde

> António Ramos Rosa, Le Livre de l’ignorance, Éditions Lettres Vives, Collection Terre de poésie, 1991, page 44. Traduit du portugais par Michel Chandeigne.






Ma petite Domi m'a envoyé ce poème de Pablo Néruda,

 

"Il meurt lentement celui qui ne voyage pas,

celui qui ne lit pas,

celui qui n'écoute pas de musique,

celui qui ne trouve pas de tolérance en lui-même.

 


Il meurt lentement celui qui détruit son amour propre,

celui qui ne se laisse jamais aider,

celui qui devient esclave de l'habitude, refaisant tous les jours les mêmes chemins,

celui qui ne change jamais de repère, ne se lance jamais pour changer la couleur de ses vêtements,

ou qui ne parle jamais à un inconnu.

 


Il meurt lentement celui qui évite la passion et son tourbillon d'émotions,

celles qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent les coeurs blessés.

 


Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap lorsqu'il est malheureux au travail ou en amour,

celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves.

Celui qui pas une seule fois dans sa vie n'a fui les conseils sensés".

 

 





 


atelier d'écriture

Sur le thème des  " Enfances " du Printemps des Poètes 2012, une pensée pour tous les
Enfants-Soldats De la terre             
 
 
 
 
                                                                           L’enfant  

 
                                                                             Repu

     D’un cœur à vif

     Dévoré au combat

     L’enfant s’endort

     Dans les bras incestueux

     De ses sœurs d’armes,

     Ses paupières droguées

     S’affaissent

     Sur le jour de ses crimes,

     Ses rêves munitions

     Poursuivent

     La renaissance

     De son âme.

  

                                Freetown, 22 octobre 1999, Sierra Leone.
   ( Poème de Anick Roschi extrait du " Voyage des Ombres " Edit. Du Cygne 2007 )



Cordialement,

Anick


A paraître en Octobre :










atelier d'écriture

Tuesday, January 24, 2012

Edge of Glass--en Francais

 

 
Here is another of my poems translated into French by Marie.
 
POÈTES DE TOUS LES PAYS
Par Marie, jeudi 14 décembre 2006 à 22:03 :: Marie :: #541 :: rss
unissez-vous !
Je suis sûre que vous pourriez re-créer un monde plus humain que n'importe quel politicien. Tous les poètes qui fréquentent les blogs sont pétris de bonnes intentions et de belles images.
 
J'ai traduit deux poèmes d'une poétesse américaine, Mary Stebbins Taitt, dont le blog, Imagik, est en lien sur le mien. J'ai été émue par les sujets que Mary se choisit. Des femmes. En l'occurrence, sa mère dans Edge of Glass/Bord de verre, dans lequel elle mêle la maman qui perd la mémoire et la maman encore enfant des photos couleur sépia dont le bord se rabougrit autant que la vieille dame. Et toutes les femmes méprisées pour leur physique, dans Morphing, que je mettrai en ligne demain.
 
Traduire de la poésie moderne n'est pas chose facile. J'espère que les poétesses qui visitent mon blog voudront bien rendre hommage à Mary. Quand j'écris poétesse, j'entends femmes de coeur, c'est à dire toutes les femmes qui me font l'honneur de poster des commentaires sur mes notes.
 
Les poètes et même ceux que cet art indiffère sont aussi les bienvenus.
 
Mary Stebbins a aussi un site sur lequel elle publie ses poèmes, ses peintures et ses très belles photos : http://maryspoetry.bravehost.com/page2.html
 
 
 
Bord de verre
Ma mère croque le bord mince du verre soufflé,
en écrase des fragments entre ses dents, et les avale.
 
Frais, doux et délicats. Dangereux minces sucres d’orge.
C’est une enfant couleur sépia, petite et menue, aux yeux sombres
 
enfoncés dans leurs orbites, reflets de visages disparus de longue date.
Elle s’écorche les genoux à pâtiner
 
sur les trottoirs bosselés entre chez nous et chez grand-mère.
Hier, une allumette est tombée dans la corbeille à papier.
 
La cuisine s’est embrasée.
Elle fait tourner un carambar dans sa bouche tout en patinant,
 
Le caramel et le cacao lui font la langue toute marron
Parfois, un large noeud bizarre orne son cou
 
ou est perché au sommet de sa tête. Elle porte des robes à pois,
à carreaux, à fleurs, dépourvues de couleurs,
 
A d’autres moments, la clé des patins se balance au bout d’une cordelette.
Personne ne semble remarquer qu’elle se fait
 
de plus en plus petite. Qu’elle se fâne. Les bords sont tous ridés.
Ce soir elle fait tourner un autre verre entre ses dents.
 
Ses rêves ont mis le feu à la moitié de la maison.
Il se pourrait que demain elle s’efface tout à fait.
 
Mary Stebbins Taitt
Pour Margaret
 
Edge of Glass
 
My mother bites the thin edge of fine blown glass,
crunches fragments in her teeth and swallows them.
 
Cool, smooth and delicate. Like dangerous ribbon candy.
She is a small, thin child, sepia-skinned, dark
 
hollow eyes with reflections of long-dead faces.
She scuffs her knees roller-skating, metal skates
 
on bumpy sidewalks from home to Grandmother's.
Yesterday, a match fell into the wastebasket.
 
The kitchen went up in flames.
She turns a Tootsie-Roll in her mouth as she skates,
 
chocolate honey-syrup darkens her tongue.
Sometimes, there is a large, strange bow at her throat
 
or perched on her head. Her dress is polka-dotted, gingham,
flowered, devoid of color,
 
Other times, the skate key bangs on a cord.
No one seems to notice as she grows smaller
 
and smaller. Fades. Wrinkles around the edges.
Tonight, she turns another glass in her teeth.
 
Half a house burns from her dreams.
Tomorrow, she may disappear entirely.
 
Mary Stebbins Taitt
for Margaret
 
This poem was originally published in English in The Women Artists' Datebook published by the Syracuse Cultural Workers.
 
Read this at the original site, and read comments.
 
 
I have attempted to translate into English the first portion of Marie's remarks. The translation is incomplete and I am out of time, but I am posting it here for those of you who do not speak French and may be interested in at least part of what she said:
 
I am sure that you could recreate a world more human than any politician. Poets posting online have beautiful images and intentions.
 
I translated two poems of an American poetess, Mary Stebbins Taitt, whose artblog, Imagik, is linked on mine.
 
I was moved by the subjects that Mary has chosen.
 
  • Women. In fact, her mother in Edge of Glass/Bord of glass, which mixes the mom who loses the memory with the mom who is still a child with old sepia photographs of which the edge rabougrit as much as the old injury.
  • And for all women scorned for their body-size, I will put Morphing, on line tomorrow.
 
It is not easy to translate modern poetry. I hope that the poets and poétesses who visit my blog will want to pay homage to Mary as well. When I write poetess, I hear noble-hearted women, i.e. all the women who make me the honor of posting their comments on my notes. Poets and other artists are also welcome.
 
Mary Stebbins Taitt also has a website with poems, paintings and beautiful photographs.

Posted by at 7:41 PM

 












Date de dernière mise à jour : 06/07/2013

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